Cru, sec, talentueux.
Rap abrasif, style aride, sec et agressif, des paroles sans concession, qui oscillent entre haine et violence… Booba en rebute beaucoup et pourtant… Le rappeur a son public et le succès, s'il sort des sentiers battus, n'en est pas moins au rendez-vous.
Le parcours de Booba est chaotique, mais les méandres de son histoire, qui façonnent sa personnalité, inspirent ses textes et infusent dans ses titres cette griffe unique et bien à lui : on l'aime ou on le déteste, mais on ne reste jamais indifférent.
Né en 1976, Elie Yaffa prend, très tôt, le surnom de Booba et rappe dans les Hauts-de-Seine. Ses débuts sont marqués par sa collaboration avec Ali et la mise sur pied du duo Lunatic. C'est une bombe underground, qui agite les scènes pendant plusieurs années. Booba pose son style, c'est à la fois sombre et brut, sans fioriture et sans artifice.
Après la séparation du duo, Booba crée son label et commence une carrière solo, qui fascine de nombreux fans. Adoptant les standards du rap américain, Booba se prête aux clichés du rappeur gangster pour les briser aussitôt : son rap est unique, se fraie un chemin dans les zones inconnues du jamais entendu, il donne à voir et livre la réalité sur un plateau bétonné, telle qu'il l'a vécue. Sorti de la stricte communauté underground, il s'adhère un public toujours plus large.
Son dernier album, Autopsie Vol. 4 porte la verve qu'on lui connaît et cristallise la haine en création, la rage en art dans des textes crus qui révolutionnent le rap français. A la fois rappeur et au-delà du rap, Booba bouscule la scène française et incarne la preuve vivante que le talent fleurit aussi dans la boue.
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